Crise climatique et monde agricole: l’heure des choix fondamentaux

Face à la crise agricole et au changement climatique, les agriculteur·rices sont en première ligne, certains victimes de leur propre aveuglement productiviste et toxique et du soutien sans faille gouvernemental et européen à leur modèle agro-business polluant et destructeur de bio-diversité. Pour autant peuvent-ils être laissé·es seul·es?

Des paysans-maraîcher·es ont tout perdu en raison de températures caniculaires, d’incendies ou d’orages très violents entraînant des vents et tempêtes de grêle particulièrement destructeurs. De petits éleveur·ses angoissent de ne pas savoir comment nourrir leurs animaux d’ici à la fin de l’hiver alors que les sécheresses ont dévasté les prairies et que les stocks de fourrage ont été largement entamés. Des arboriculteur·rices voient leurs vergers dévastés pour plusieurs années par les conditions climatiques extrêmes.

Cette crise se répercute sur tout le monde. Des pénuries commencent à s’apercevoir sur les étals. Déjà, les consommateur·rices subissent de fortes hausses de prix de certains produits sans aucune justification autre que la « loi du marché » libéral, comme sur les fruits et légumes. En élevage, une surproduction temporaire consécutive au manque de fourrage fait chuter les prix payés aux agriculteur·rices déjà largement touché·es par la crise.

Or, le gouvernement libéral vient d’annoncer un plan qui n’est pas à la hauteur des attentes et des besoins du monde agricole. « La ministre fait le choix d’enterrer plus de 80 % des paysans » s’insurge Thomas Gibert, maraîcher et porte-parole de la Confédération paysanne, qui dénonce la simple application de mesures déjà existantes (la moitié des 1,2 milliard d’euros vient du fonctionnement normal de l’indemnité de solidarité nationale/ISN). Le gouvernement fait le choix d’enterrer plus de 82 % des paysans et paysannes qui ne sont pas assurés depuis la réforme de l’assurance-récolte passée du public au privé il y a quatre ans et qui n’assure ni les « feux », ni les producteurs de plantes à parfum et médicinales ni les pépiniéristes. Seules 18 % des fermes françaises ont demandé « l’aide à l’assurance-récolte » car « Les contrats d’assurance sont chers et les petit.es paysannes et paysans sont dans la précarité », pas les gros productivistes.

Il faut sortir du modèle style « loi Duplomb » qui nous mène tous dans le mur et fonctionne à coups de subventions publiques vers les intérêts privés, notamment les plus gros, sans prendre en compte l’intérêt collectif et le bien commun.

agriculture biologique et planteLes agriculteur·rices ont besoin de soutien mais pas n’importe lequel. Un plan d’urgence et des mesures concrètes pour répondre à la crise ne peuvent que reposer sur une réorientation complète du modèle agricole dirigeant les aides vers une agriculture éco-responsable et protectrice de la santé des humains comme des animaux et de l’environnement. Stop aux toxiques agricoles qui aggravent la crise et aux méga-bassines dont l’eau s’évapore et qui captent le bien commun. Il y va du devenir de tous-tes, de la planète par un plan d’ensemble et de cohérence qui permet une dynamique entre travail de la terre biologique et revenus dignes/santé/protection de l’écosystème/énergies renouvelables.

De grandes marches pour la justice climatique et sociale, le vivant, la paix auront lieu le 26 septembre 2026 partout en France. Comme le 29 septembre pour le soutien aux pompiers qui ont bravé la folie des incendies meurtriers sans guère de moyens humains et matériel. Chacun-e peut et doit y participer.

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Plan d’urgence climatique ici, et en téléchargement ici

Lire aussi: https://reporterre.net/Plan-d-urgence-agricole-La-ministre-fait-le-choix-d-enterrer-plus-de-80-des-paysans

Une réflexion sur « Crise climatique et monde agricole: l’heure des choix fondamentaux »

  1. Si les exploitants agricoles n’avaient pas voulu jouer le jeu du libéralisme forcené en espérant tirer toujours plus de profits de leur activité notamment dans l’exportation nous n’en serions pas là. Mais l’hubris et l’appât du gain pervertissent la nature humaine. Il ne reste après que les yeux pour pleurer et souhaiter que la manne des contribuables continue à ruisseler dans leur direction. Responsables et victimes. Pauvre recul. Où est la conscience?

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