Verdicts du procès de Bernard Senet et des militants d’Ultime Liberté

Le médecin velleronnais Bernard SenetLe médecin velleronnais Bernard Senet a été condamné à 6 mois de prison avec sursis sans amende et sans interdiction d’exercer la médecine par le Tribunal de Paris dans le procès intenté sur sollicitation des USA. Les militants de « Ultime Liberté » sont condamnés à des peines de prison allant de 3 à 10 mois avec sursis. Les peines sont en dessous des réquisitions de la Procureure que les magistrats n’ont pas suivies complètement sans oser l’acquittement.Les réquisitions de la procureur de la République s’alignaient sur la volonté de déplacer le débat de société sur la fin de vie vers un trafic illégal de stupéfiants (sur « injonction » des USA)  et réclamait des interdictions d’exercer pour les médecins, des emprisonnement lourds avec sursis et des peines pécuniaires. Les juges ne l’ont pas suivi

Ces condamnations même partielles, rappellent avec force une réalité que nul ne peut ignorer : en l’absence de loi, ce sont les malades, les soignants et les militants qui sont exposés, parfois criminalisés, pour avoir tenté de répondre à des situations humaines extrêmes.

Actuellement la loi ne permet pas à chacun de pouvoir choisir le moment et la façon dont il mourra tout en ne criminalisant pas le suicide et en favorisant les « soins palliatifs » visant à soulager la douleur des malades et à les laisser agoniser en silence. Cette situation est celle d’une hypocrisie qui refuse un droit de liberté fondamentale, préférant faire reposer la décision sur les épaules d’un collège de médecins et non du citoyen exprimant librement et consciemment ses directives anticipées.

Les associations dans lesquels militent les mis en examen, « Ultime Liberté » pour les 11 inculpés et « Le libre choix citoyen pour une mort choisie » pour le Dr Bernard Senet ont dix jours pour éventuellement faire appel de la décision du tribunal. (voir le communiqué de « Ultime Liberté » ici)

Une rencontre-débat ouverte à tous-tes organisée par l’association « Avec » sur le thème de « La fin de vie » aura lieu le jeudi 12 février à 18h30 salle de la place du Clos à Mormoiron en présence du Dr Bernard Senet et de Jean-Pierre Seignon (adhérent de « Ultime Liberté » et témoin au procès de Paris). La rencontre sera suivit d’un repas partagé (chacun-e apporte un plat)

 

10 réflexions sur « Verdicts du procès de Bernard Senet et des militants d’Ultime Liberté »

  1. Ce procès inique n’ a pas réussi à faire évoluer les consciences… des magistrats , soumis aux injonctions étasuniennes. Je prie que la santé fragile des membres des 2 associations n ‘ en subisse pas les effets !Chapeau bas pour leur détermination!
    Amicalement
    Michelle von Moos

  2. Un fait doit d’abord être rappelé avec force. Aucune famille n’a porté plainte. Aucun
    enrichissement personnel n’a été relevé. Les militants condamnés ont agi
    bénévolement, sans intérêt matériel, par conviction morale, souvent à un âge où l’on
    aspire davantage à la discrétion qu’à l’exposition publique. Pourtant, ils ont été
    condamnés. Non pour avoir causé un dommage, mais pour avoir assumé une idée
    dérangeante : celle selon laquelle un individu libre peut décider, en conscience, du
    moment et des conditions de sa mort

  3. Le Sénat – cette institution périmée qui depuis plusieurs décennies devait être supprimée car remettant en cause la représentation nationale des élu-es par le peuple à l’Assemblée Nationale puisque désigné par d’autres élu-es locaux sans avis des populations – détricote actuellement le droit actif de fin de vie. Leurs comparses conservateurs de droite à l’Assemblé Nationale ont déjà détricoté sous l’ex-premier ministre Bayrou ce droit en le rendant tributaire du lobby médical.
    Or le droit de mourir n’est pas un acte médical, mais un acte de liberté. Exiger une validation médicale pour autoriser une décision intime et existentielle revient à transformer la liberté en procédure, la dignité en protocole, et le citoyen en objet d’expertise permanente et en sujet obéissant.

    • Le Sénat : une mascarade.
      Il a fait fi du souhait des Français qui, à plus de 80 %, réclament le droit de choisir leur fin de vie (voir les multiples enquêtes d’opinion depuis vingt ans), fait fi des conclusions de la Convention Citoyenne qui a conclu à 75 % des participants en faveur du suicide assisté et de l’euthanasie, fait fi des votes des députés qui à deux reprises, en avril 2021 et en mai 2025 ont voté pour l’Aide active à mourir.

      Déni de représentativité; En juillet, la commission sénatoriale des affaires sociales a choisi d’auditionner uniquement des opposants à l’euthanasie pour le Canada et les Pays Bas, deux pays où la pratique a été approuvée démocratiquement.

    • Et des amendements sénatoriaux honteux tels:
      . Le délit d’entrave à la loi est supprimé pour devenir l’inverse : création et criminalisation d’un délit de publicité et de propagande
      . Une extension de la clause de conscience est créée pour les pharmaciens et pour tous les professionnels susceptibles de participer aux réunions collégiales
      . La présence d’un officier de justice au côté du médecin
      . Une Commission de contrôle entièrement entre les mains du seul Conseil de l’Ordre des médecins excluant les associations…qu’elles soient ou non en faveur de l’Aide médicale à mourir.

  4. Rappelons ce que disait l’ancien Garde des Seaux et initiateur de l’abolition de la peine de mort à propos du droit au choix de mourir et à l’accompagnement actif : « Cet acte d’amour ou de solidarité humaine ne tombe pas dans le cadre judiciaire. »

  5. Ce que veux le pouvoir et les élu-es réactionnaires conservateurs sous influence des lobby religieux et médicaux c’est une bureaucratie de la mort, faite de commissions, de formulaires et de délais administratifs.Or il s’agit d’éthique exigeante : celle de la responsabilité individuelle consciente.

  6. Nous ne sommes ni des petits-enfants immatures ni des moutons, nous sommes des adultes libres capables de penser leur propre fin sans tutelle institutionnelle permanente

    • Non à l’autoritarisme et à l’infantilisation. Un droit est une possibilité pas une obligation. La liberté de mourir ne doit pas être conditionnée à l’âge, à la maladie ou à un pronostic vital. Dès lors que l’on reconnaît la souveraineté de l’individu sur sa vie, toute restriction devient arbitraire et introduit une hiérarchie des existences recevables à disposer d’elles-mêmes.

  7. Comme le dit si bien le communiqué de « Ultime Liberté » : L’idée selon laquelle
    vouloir mourir hors d’un cadre strictement médical relèverait nécessairement d’un
    trouble psychologique nie une longue tradition philosophique et humaniste. De
    l’Antiquité à la modernité, de Sénèque à Montaigne, le choix de mourir a été pensé
    comme une possibilité tragique, grave, mais rationnelle. Refuser cette idée, c’est
    refuser à l’individu toute autonomie morale

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