« En Cybérie » ou l’enfer des nano-technologies et le règne de l’hubris

l'hubris des chercheurs en nanotechnologiesLe Site de « bricolage » (comme il se nomme lui-même) pour la construction d’un esprit critique « Pièces et Main d’Œuvre » (1) dont la devise est « le secret c’est de tout dire » fête son quart de siècle d’existence. Né à l’automne 2001, PMO publiait ses premières enquêtes contre l’incarcération de l’homme-machine dans le monde-machine.
Le 1er juin 2006 il organisait la seule manifestation au monde ayant visé à ce jour les nanosciences & nanotechnologies, lors de l’inauguration du Minatec (2), le pôle et complexe scientifique public-privé pour l’innovation en micro et nano-technologie.
Il s’agissait déjà pour PMO de dénoncer l’asservissement inéluctable de l’être humain et du vivant aux technologies et techniques « invisibles » désirées par le capitalisme pour domestiquer la matière, l’humain et le transformer en machine.

Derrière l’opération « Minatec », installé sur un ancien terrain militaire et polygone d’artillerie, se cache le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA) et son Laboratoire d’électronique et de technologie de l’information (LETI) pour répondre aux besoins en composants électroniques du CEA pour ses réacteurs nucléaires.

A l’époque l’argument était nationaliste pour se soustraire à l’hégémonie des USA sur le nucléaire (les réacteurs nucléaires tricolores sont en fait des réacteurs états-uniens sous licence Westinghouse » pour lesquels la France a versé pendant des décennies des royalties aux USA).

L’infiniment petit?: l’infiniment grandeur des profits et de la mise en coupe réglée des peuples

Les héritiers des monstres de la destruction atomiqueA ce jour s’avilissent dans ce projet fou, sur Grenoble, l’hubris* de près de 3 000 chercheurs, 1 200 étudiants et 600 industriels qui ont capitalisé un portefeuille de plus de 3100 brevets dont 40 % font l’objet de licences sans que le grand public en soit informé et puisse donner son avis. En parallèle et sur fonds publics une flopée d’entreprises privées sont lancées par les chercheurs eux-memes. Business is business.

Le CEA lui-même n’hésite pas à signer une alliance avec le « California Institute of Technology » puis une alliance avec IBM pour la recherche en micro et nanoélectronique.
Très fiers d’eux ses sordides apprentis-sorciers vendent cette manne à des entreprises mondiales via « l’alliance X » dont font partie notamment Google, Intel, Amazon, Apple, Samsung ou encore Microsoft.

Depuis, les applications de ces recherches hors contrôle du peuple touchent tous les aspects de la vie des populations et visent l’infiniment petit et indécelable et veulent atteindre des niveaux de miniaturisation de l’ordre de 15 nanomètres.

Ces nano-technologies dont on ne connaît pas l’impact ni sur la santé ni sur l’environnement envahissent nos vies humaines que se soit dans
l’énergie, l’information, la santé, les vaccins, l’armement, la sécurité-répression, les objets nomades, la téléphonie, l’internet, la 5G, l’Inintelligence artificielle, le puçage, la surveillance faciale, l’automobile, la mobilité, les satellites, le textile, l’habitat, le papier, le bâtiment, la logistique, la mécanique,… En parallèle à cette mise en coupe réglée de nos vies, on assiste à un véritable pillage des fonds publics puisque la mission première du CEA-Leti est désormais de créer de l’innovation et de la transférer à l’industrie.

Toute précision chiffrée relève du « confidentiel » et du « secret d’Etat ». Dehors la populace, ses questions gênantes et son droit de veto.

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » disait déjà en son temps François Rabelais. (3).

Un livre indispensable

En Cybérie, par Pièces et Main d'OeuvreLe mois dernier (juin 2026) « PMO » a publié un ouvrage « En Cybérie » (4), ce Tout où l’on refusait d’arriver, mais qui est arrivé. Que l’on a vu peu à peu monter des abysses scientifiques, pour couvrir tout ce qui vivait de son filet de contention numérique. La Cybérie, c’est la mutation qui a transformé la terre en toile et les terriens en insectes sociaux, en proies de la mégamachine, pris dans ses mailles, envahis de ses fibres, peu à peu absorbés dans ses circuits intégrés.

La Cybérie, c’est le Tout d’où l’on ne sortira peut-être jamais plus – sauf si. Il a donc paru nécessaire de savoir d’où avait rampé l’atroce processus avant sa ruée submersive sur un monde et une humanité asservis à l’IA.

Comment fonctionnent les Cybériens ? Leur déchéance était-elle fatidique ? Gravée dans leur native course à la puissance ? Mais pourquoi voudraient-ils en sortir, eux qui ont tout fait pour y parvenir ?

J.R

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(1) https://www.piecesetmaindoeuvre.com/
(2) nom initial : Centre d’Etudes Nucléaires de Grenoble.
* hubris: terme grec désignant la démesure, l’orgueil, l’arrogance, l’excès de pouvoir, le vertige du succès
(3) François Rabelais (1494-1553), écrivain français humaniste de la Renaissance. Il est notamment l’auteur de Pantagruel et Gargantua. C’est dans Pantagruel que Rabelais emploie son célèbre aphorisme « science sans conscience n’est que ruine de l’âme. » dans une lettre à son fils l’exhortant à faire preuve d’humanisme dans ses pensées et ses actes. « Méfie-toi des abus du monde ; ne prends pas à coeur les futilités… l’accumulation de savoirs doit se faire au service de la sagesse. »
(4) Éditions Service compris, 2026 – ISBN 9791094229897, 428 pages, 25 € . « Service compris » BP 27 38172 Seyssinet-Pariset cedex. Commande: https://www.piecesetmaindoeuvre.com/librairie-service-compris/

 

 

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